Statut · Comparatif

Portage salarial ou auto-entrepreneur : le comparatif chiffré

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La rédaction de portage salarial.
Lecture 9 min · mis à jour en juillet 2026

Ça dépend de votre situation. L'auto-entreprise est imbattable pour démarrer petit, avec des charges faibles et une gestion minimale. Le portage salarial prend l'avantage dès que vous visez des missions B2B régulières, un TJM confortable et une vraie protection sociale : chômage, retraite, prévoyance.

À retenir
  • L'auto-entreprise coûte moins cher en charges et laisse plus de cash à court terme.
  • Le portage ouvre des droits au chômage et à une meilleure retraite que la micro n'offre pas.
  • La micro plafonne à ~77 700 € de CA en prestations de services ; le portage n'a pas de plafond.
  • En micro, vos frais professionnels ne sont pas déductibles : c'est décisif si vous en avez beaucoup.
  • Le point de bascule se situe souvent autour de 4 000 à 5 000 € de CA mensuel régulier en B2B.

Deux logiques qui s'opposent

Poser « portage ou auto-entrepreneur ? » revient à opposer deux philosophies du travail indépendant. L'auto-entreprise (ou micro-entreprise, c'est le même régime) mise tout sur la simplicité : quelques minutes pour s'immatriculer, une déclaration de chiffre d'affaires par mois ou par trimestre, des charges calculées sur ce que vous encaissez. Le portage salarial mise sur la protection : vous êtes salarié d'une société qui facture votre client, vous recevez un bulletin de paie, et vous cotisez comme n'importe quel salarié.

L'un vous laisse plus d'argent tout de suite. L'autre vous couvre en cas de coup dur. Le bon choix ne se décrète pas dans l'absolu : il dépend de votre chiffre d'affaires, de vos frais professionnels et de votre appétence au risque. Voyons ce que chaque statut apporte, chiffres à l'appui.

Le comparatif en un tableau

CritèreAuto-entrepreneurPortage salarial
Protection socialeMinimale (régime des indépendants)Complète (régime général salarié)
ChômageNon (seulement l'ATI, très encadrée)Oui, cotisation et droits à France Travail
RetraiteFaible, proportionnelle au CA déclaréComme un salarié, base + complémentaire
Plafond de CA~77 700 € / an en prestations de servicesAucun plafond
Charges / coût~21 à 26 % du CANet ≈ 48 à 55 % du CA HT
Simplicité de gestionTrès forte (déclaration en ligne)Forte (la société gère la paie)
Crédibilité B2BCorrecte, parfois questionnéeÉlevée (contrat commercial, salarié)
Frais pro déductiblesNonOui, ils réduisent la base imposable

Deux lignes de ce tableau décident presque tout : le coût (la micro est bien moins chère) et la protection (le portage est bien mieux couvert). Le reste (plafond, crédibilité, frais pro) fait pencher la balance selon votre profil.

Le vrai match : combien vous reste-t-il ?

C'est la question que tout le monde se pose et que peu de comparatifs traitent honnêtement. Prenons un même chiffre d'affaires de 4 000 € par mois en prestations de services B2B.

En auto-entreprise, vous versez des cotisations sociales d'environ 21 à 26 % selon la nature de votre activité (le taux des activités libérales est le plus élevé et augmente progressivement). Sur 4 000 €, il vous reste donc grossièrement 3 000 à 3 150 € avant impôt sur le revenu. Séduisant. Mais attention : ce montant ne tient aucun compte de vos frais professionnels, qui ne sont pas déductibles en micro. Si vous dépensez 600 € de logiciels, déplacements et matériel, ils sortent de votre poche sans réduire vos cotisations ni votre impôt. À cela s'ajoutent la cotisation foncière des entreprises (CFE) au-delà d'un certain seuil de CA, et l'impôt sur le revenu : soit via le barème progressif, soit via le versement libératoire si vous l'avez choisi. Le vrai net micro est donc un peu plus bas que le simple « CA moins cotisations ».

En portage salarial, sur le même CA de 4 000 € HT, votre salaire net tourne autour de 1 950 à 2 200 € une fois toutes les cotisations et les frais de gestion déduits. L'écart avec la micro est réel, il serait malhonnête de le nier. Mais ce net-là n'est pas de même nature : il inclut l'assurance maladie du régime général, la cotisation chômage, une retraite de salarié bien plus généreuse, la prévoyance, et il se calcule après déduction de vos frais professionnels, qui viennent alléger la base. Vos 600 € de frais mensuels ne sont plus une perte sèche.

Ce qui frappe, c'est que l'écart se resserre à mesure que le CA monte et que les frais professionnels augmentent. À 4 000 € sans frais, la micro écrase le portage sur le cash immédiat. À 6 000 € avec 1 000 € de frais mensuels, la déduction des frais en portage et l'accumulation de droits sociaux réels rendent la comparaison beaucoup moins tranchée. Et si vous intégrez la valeur du chômage et de la retraite, souvent favorable au portage. La règle de lecture est simple : plus votre activité est petite et légère, plus la micro gagne ; plus elle grossit et se professionnalise, plus le portage rattrape puis dépasse.

Comparer les deux nets sur vos chiffres

Aucune moyenne ne remplacera votre situation. Faites tourner le simulateur avec votre TJM et vos jours facturés pour obtenir votre net en portage, puis mettez-le en face de votre CA micro après cotisations. Rappel utile : toute estimation reste indicative, jamais un montant garanti.

Les trois critères qui tranchent

La protection sociale. C'est le fossé le plus profond entre les deux statuts. L'auto-entrepreneur relève du régime des indépendants : couverture santé correcte, mais indemnités journalières faibles, prévoyance quasi inexistante et surtout aucune assurance chômage classique. Il existe bien l'ATI (allocation des travailleurs indépendants), mais elle est plafonnée, versée six mois maximum et soumise à des conditions de revenu strictes. Le salarié porté, lui, cotise à l'assurance chômage et peut ouvrir des droits entre deux missions, un filet de sécurité détaillé dans notre guide sur le chômage en portage.

La retraite. Même logique. En micro, vos droits se calculent sur un CA déjà amputé de l'abattement forfaitaire : les trimestres et les points s'accumulent lentement, surtout si votre chiffre d'affaires est modeste. En portage, vous cotisez comme un cadre salarié, base et complémentaire, ce qui pèse nettement plus au moment de liquider vos droits. Nous détaillons ce calcul dans le guide sur la retraite en portage.

Le plafond de chiffre d'affaires. La micro-entreprise est plafonnée à environ 77 700 € de CA annuel pour les prestations de services (seuil 2026), soit à peu près 6 475 € par mois lissés. Dépasser ce seuil deux années de suite vous fait basculer hors du régime. Le portage, lui, ne connaît aucun plafond : c'est précisément vers lui que se tournent la plupart des consultants quand la micro devient trop étroite.

TVA, facturation et crédibilité : les détails qui pèsent

Au-delà des cotisations, trois différences pratiques changent le quotidien et méritent d'entrer dans la décision.

La TVA. L'auto-entrepreneur bénéficie de la franchise en base tant qu'il reste sous les seuils : il facture sans TVA, ce qui simplifie sa comptabilité et le rend légèrement moins cher pour un client particulier. Mais face à une entreprise, cet avantage disparaît (le client récupère la TVA de toute façon) et la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur vos factures signale immédiatement un petit volume d'activité. En portage, la société facture avec TVA comme n'importe quel prestataire établi : neutre pour un client professionnel, plus rassurant sur la taille.

La crédibilité commerciale. Sur des missions B2B avec des grands comptes, le statut compte. Beaucoup de services achats et de DSI encadrent, voire interdisent, le recours à un auto-entrepreneur seul, par crainte du risque de requalification ou de la dépendance économique. Le portage passe ces filtres sans friction : vous signez un contrat commercial de prestation via une société tierce, un cadre que les acheteurs connaissent et acceptent. Ce n'est pas anecdotique quand une mission de plusieurs mois est en jeu.

Le quotidien administratif. La micro est imbattable de simplicité : une déclaration de CA, aucun bilan, aucune paie à gérer. Le portage vous décharge d'un autre poids : c'est la société qui édite les bulletins, verse les cotisations, gère les relances et la TVA. Vous ne pilotez qu'une chose : décrocher et livrer vos missions. Deux formes de tranquillité différentes, pour deux profils différents.

Trois profils, trois verdicts

La graphiste qui démarre à 1 500 € par mois. Peu de frais, peu de clients, un besoin de tester son marché sans paperasse. Verdict : auto-entreprise, sans discussion. Ses cotisations restent basses, sa gestion tient en dix minutes par mois, et la protection sociale du portage ne justifierait pas encore son coût. Tant que le CA est faible et irrégulier, la micro est le bon outil.

Le consultant IT à 5 000 € et plus par mois en B2B. TJM de 550 €, missions longues chez des grands comptes, des frais professionnels réels (déplacements, matériel, logiciels). Verdict : portage. À ce niveau, la différence de charges avec la micro se resserre une fois les frais pro déduits, et le portage ajoute la protection chômage, une vraie retraite et une crédibilité commerciale immédiate face aux services achats. Sur un CA de 5 500 €, un net de l'ordre de 2 700 à 3 000 € accompagné de droits sociaux complets change la donne.

L'indépendante qui frôle le plafond de la micro. Elle facture 6 000 à 6 500 € par mois et voit le seuil des 77 700 € approcher dangereusement. Verdict : portage. Rester en micro l'obligerait à refuser des missions pour ne pas dépasser : un comble. Le portage supprime le plafond, absorbe la hausse d'activité et transforme au passage sa protection sociale. C'est la transition naturelle du micro-entrepreneur qui réussit.

Le verdict, sans langue de bois

Choisissez l'auto-entreprise pour démarrer, tester une activité, encaisser un complément de revenu ou tant que votre CA reste modeste avec peu de frais. Basculez en portage dès que vous visez des missions B2B régulières, un TJM confortable, ou que vous avez besoin de chômage, de retraite et de déduire vos frais. Beaucoup passent de l'un à l'autre : c'est un parcours, pas un mariage.

Quand choisir l'auto-entreprise plutôt que le portage

Un comparatif honnête doit le dire clairement : dans plusieurs situations, la micro reste le meilleur choix, et pousser quelqu'un vers le portage serait un mauvais conseil.

Optez pour l'auto-entreprise si votre chiffre d'affaires est faible ou irrégulier. En dessous de 2 500 à 3 000 € mensuels, le coût du portage (cotisations patronales plus frais de gestion) pèse lourd au regard d'une protection dont vous n'avez pas encore l'usage. La micro vous laisse mécaniquement plus de cash.

Choisissez-la aussi si vous débutez et testez un marché : elle s'ouvre et se ferme sans frais, sans engagement, sans minimum de facturation. C'est le bac à sable idéal pour valider une idée avant d'investir. Le portage, lui, suppose des missions déjà identifiées et un TJM négocié.

La micro l'emporte encore si vous avez très peu de frais professionnels. Le grand atout du portage (déduire vos frais pour alléger la base imposable) ne sert à rien quand vous n'avez presque aucune dépense. Un rédacteur qui travaille de chez lui avec un simple ordinateur ne tirera pas grand-chose de cet avantage.

Enfin, elle convient si vous cherchez avant tout un complément de revenu à côté d'un emploi salarié : vous êtes déjà couvert par ailleurs (santé, chômage, retraite), la protection du portage ferait doublon, et la simplicité de la micro colle parfaitement à une activité accessoire.

À l'inverse, dès que la protection sociale devient un vrai sujet, que le CA grimpe ou que le plafond menace, le portage reprend l'avantage. Si vous hésitez encore entre indépendance et sécurité, notre panorama du portage salarial et de son fonctionnement pose les bases, et le comparatif avec le CDI prolonge la réflexion pour ceux qui pèsent aussi le salariat classique. Prenez le temps de chiffrer les deux scénarios sur vos propres montants avant de trancher : c'est la seule comparaison qui compte vraiment.

Comparez sur votre situation réelle

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FAQ

Questions fréquentes

Peut-on cumuler portage salarial et auto-entreprise ?
Oui, c'est légal et fréquent. Rien n'interdit d'être salarié porté pour certaines missions et auto-entrepreneur pour d'autres. Beaucoup gardent la micro pour de petits clients ou des activités annexes, et passent en portage les missions B2B importantes. Attention simplement à ne pas facturer un même client sous deux statuts sans logique claire.
À partir de quel revenu le portage devient-il intéressant ?
Le basculement se situe souvent autour de 4 000 à 5 000 € de chiffre d'affaires mensuel régulier en B2B. En dessous, les charges plus faibles de la micro l'emportent. Au-dessus, la protection sociale du portage (chômage, retraite, prévoyance) et la déduction des frais pro compensent son coût. Comparez sur votre TJM réel.
Le portage évite-t-il le plafond de la micro-entreprise ?
Oui. La micro-entreprise plafonne à environ 77 700 € de CA annuel pour les prestations de services (seuil 2026). Le portage salarial n'a aucun plafond de chiffre d'affaires : vous pouvez facturer 100 000 €, 150 000 € ou plus par an sans changer de statut, ce qui en fait la sortie naturelle quand la micro devient trop étroite.
Lequel coûte le moins cher, le portage ou l'auto-entreprise ?
L'auto-entreprise, nettement. Ses cotisations tournent autour de 21 à 26 % du CA selon l'activité, sans charges patronales. En portage, l'ensemble des cotisations (salariales et patronales) plus les frais de gestion ramènent le net à environ 48 à 55 % du CA. Mais ce coût finance une vraie protection sociale.
Lequel choisir pour avoir droit au chômage ?
Le portage salarial, sans hésiter. Le salarié porté cotise à l'assurance chômage et peut ouvrir des droits à France Travail entre deux missions, comme n'importe quel salarié. L'auto-entrepreneur, lui, ne cotise pas au chômage classique : il n'a droit qu'à l'ATI, une allocation limitée et soumise à conditions strictes.